EXPOSITION INTERSTICE(S)
ALAIN PORAS #1
du mercredi 8 juin au samedi 25 juin 2022
Vernissage samedi 11 juin 2022 à 18h
STÉPHANIE-MAÏ HANUŠ #2
du mardi 28 juin au mercredi 13 juillet 2022
Vernissage mercredi 29 juin 2022 à 18h
Un interstice est un intervalle, un entre deux.
Trait qui unit (Martin Heidegger), espacement qui sépare (Jacques Derrida), ou non-dit (Umberto Eco), « l’interstice traduit traditionnellement la condition de l’entre et du parmi, l’interstice traduit également la temporalité du passage entre deux lieux, formes, conditions ». (Pamela Bianchi)
L’interstice est vu dans cette exposition sous plusieurs formes, comme l’indique le titre au pluriel.
Habituée à présenter une exposition collective chaque mois, la galerie Hors Cadre a souhaité investir un autre temps et un autre espace. Deux monographies alternées seront montrées durant les mois de juin et juillet, celle d’Alain Poras puis celle de Stéphanie-Maï Hanuš. Des événements et des hors les murs auront lieu régulièrement.
L’interstice, cet espace si petit soit-il, est essentiel pour ces deux artistes.
Ils interrogent le peu visible, le rien, le non pris en compte, le non-considéré ou le vide.
Stéphanie-Maï Hanuš et Alain Poras transposent des éléments non faits pour l’art a priori en créations à part entière. En nous invitant à les considérer et à porter sur eux un regard attentif, ils créent un dialogue poétique, entre la matière et nous.
Ils recherchent la capacité de l’interstice à se montrer comme une forme robuste.
Le rien, le peu deviennent alors très présents.
Ces deux artistes utilisent le textile au sens large du terme pour parler d’entre deux ; entre art et
artisanat, entre technique et primitivisme, entre vide et plein, entre fragile et résistant, entre intime et public, entre tradition et modernité...
Alain Poras expose un travail commencé dans les années 70, peu visible, peu montré, qu’il garde
pour lui à l’écart de sa production picturale. Ses tressages de végétaux assurent à leurs intervalles
une interaction avec la matière.
Stéphanie-Maï Hanuš se sert du textile comme matière première. Elle façonne les matériaux souples pour construire des cabanes qu’elle nomme « sculptures à habiter »
Conçus durant le confinement, ces espaces qui abritent mais séparent, permettent symboliquement de continuer de voir des expositions tout en s’isolant des autres.
Déconsidéré, peu vu, l’interstice permet de faire du lien, de donner du sens, il est un trait d’union,
une hétérotopie (Michel Foucault) ) ou des espaces réels qui hébergent les imaginaires.
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