La Galerie associative présente une exposition réunissant cinq artistes autour d'un même matériau.
Chantal de Nattes, lissière et restauratrice professionnelle, nous fait partager sa passion en exposant des œuvres personnelles, témoins de ses expérimentations : des matières tissées et soumises à l'épreuve du temps, de la terre, des intempéries, viennent évoquer son intérêt pour l'archéologie, la mémoire, la trace, l'usure... D'autres œuvres, à l'opposé exemptes de dommages accidentels, mettent en exergue les champs de l'horizontalité et verticalité de ses créations.
Catherine Legris teint tissus, laines, fils, papiers avec des végétaux : fleurs, feuilles, écorces, racines, pelures : cueillis, ramassés, collectés sur les talus, chemins et bois de sa région. Elle utilise également des extraits de plantes : indigo, garance, campêche…
C’est le fil qui lui a toujours ouvert les portes de l’imaginaire, fil à coudre, à broder, à teindre, à tisser.
Les tissus teintés naturellement avec des plantes reçoivent des empreintes de végétaux, sont cousus et rehaussés de broderie. Les laines et cotons tissés prennent forme et volume grâce aux fils de métaux incorporés dans ses compositions.
Après 25 ans dans le milieu du cinéma et de la mode, Nadège Gaubour expose son propre travail en tant qu'artiste. Variant les médiums en fonction des sujets, elle présente ici des oeuvres textiles évoquant un monde sensible et empreint d'imaginaire. Fragiles, diaphanes ou au contraire d'une totale opacité, ses créations nous apparaissent comme des narrations visuelles, des histoires à réinventer...
Habituée à créer des cocons, des chrysalides et autres objets ficelés contenant des secrets, Stéphanie-Maï Hanuš présente à la galerie une installation qui annonce le commencement d’une mutation de ses créations textiles.
Le fil est ambivalent. Il est fin et cassant mais peut être aussi résistant, il se noue et se dénoue, il enferme et il délivre. Le fil se révèle, nous révèle.
Les cocons doux, colorés, réconfortants et protecteurs s’ouvrent, ils deviennent piquants et inquiétants.
Carmen Charpin
S'engager dans un travail de tissage, c'est choisir un moyen d'expression qui demande du temps (…) Passer un à un les fils de trame à travers les fils de chaîne pour fabriquer une surface, un tissu. Et dans ce travail d'assemblage, se limiter aux moyens spécifiques de cette technique pour faire apparaître des lignes, des formes, des reliefs, des textures qui vont former une image dans laquelle on peut entrevoir des fragments d'espaces, de paysages. Image dont le caractère particulier est déterminé par le processus même de sa fabrication.


