Echappées du récit
Photo-graphies de Didier Lemarchand
Didier Lemarchand expose dans le champ photographique les franges de notre champ de vision. Ici, par exemple, sont saisis des détails de clichés de romans-photos. Fictions très populaires il y a 40 ans. L’auteur tente ainsi de troubler l’inconscient, d’ébranler les émotions du lecteur, en grossissant les marges de nos constructions de sens.
Les rapports photo/texte veulent jouer sur des façons d’appréhender le temps. Depuis le début du 20e siècle (théorie de la relativité restreinte), les «mesures» du temps se bousculent. Ici, trois discours s’enchevêtrent : celui de la technique, «hors du temps» ; celui des photos, éclats d’un présent ; celui des romans liés à la succession chronologique. Entre ces trois directions, l’esthétique du fragment opère des échanges et des renversements.
Ce travail est l’expression d’une poétique qui ouvre à différents niveaux de lecture, du plaisir visuel immédiat des images, des phrases, du dispositif de la mise en page, aux réflexions sur l’idée d’histoire aujourd’hui, prise entre récit, science et photographie.
Didier LEMARCHAND
Photographe, du réel l’attire tout ce qui entretient une relation privilégiée avec l’inconscient, tout ce qui présente une affinité avec l’espace intérieur, ses mouvements et ses strates, tout ce qui peut amener à interroger son regard : les espaces ambigus, les marges de la communication, les accidents des images.
Depuis une dizaine d’année, son travail s’oriente de plus en plus vers une collaboration avec des auteurs : Jean Antonini, Denis Dormoy, Gérard Fournaison, Isabel Asúnsolo, Alain Hélissen, travaux à quatre mains où textes et images s’entremêlent, tant du point de vue du sens que de la forme, pour créer un nouvel espace mixte où les éléments plastiques, les typographies et la mise en page se répondent en écho. Expérimentation de l’altérité et de la rencontre.
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Crédit photo : D. Lemarchand

